fond1 logo Rana Tharu

Synopsis
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À l'extrême ouest du Népal, en bordure d'un bois appelé Lalzarie, vit le peuple des Rana Tharu. Surnommées les Princesses de la forêt, elles font partie de l'une des plus basses castes népalaises.
Pierre Benais, aventurier et réalisateur, est parti seul vivre parmi eux pour tenter de comprendre la culture et le fonctionnement de leur société. Ce documentaire suit Laltilla, 72 ans, « bourilla » ou doyenne de la famille Rana. Elle nous conte son quotidien et ses croyances à travers les activités du village, des tâches d'un labeur éreintant qui font de la vie chez les Rana Tharu une difficulté ordinaire et sans nom.
Laltilla peint le portrait d'une société qui s'éteint peu à peu. Doit-elle s'enfermer dans sa propre culture ?
A travers ce documentaire, Pierre Benais nous transporte dans un univers mystique, doux et rêveur, illustré par des photographies intimistes et une musique originale composée par Franck Zaragoza.

Crédit
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Réalisation et cinématographie - Pierre Benais
écriture - Pierre Benais, Marion Laguionie
Musique originale - Franck Zaragoza
Sound design et mixage audio - Rafael Bernabeu García
Montage - Pierre Benais
vois off - Danielle Pierre Calary
Etalonnage - Julien Raynaud
Animation - Victor Angel
Producteur - Thomas Bouniort

La communauté Rana Tharu
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patchwork d'image

Afin de comprendre les Rana Tharu, il faut oublier toute référence à sa propre culture.
Leur incroyable destin historique les a doté d'une identité forte, et d'une manière de vivre hermétique à la conception occidentale.
Elles descendent d'anciennes sultanes du Rajasthan, venues se réfugier dans les forêts népalaises pour fuir la guerre, laissant leurs maris se battre et emportant leurs esclaves.
Ces femmes bâtirent peu à peu leur propre société. Elle prirent leurs maris parmi ces esclaves, qu'elles continuaient à nourrir à même le sol, il y a de cela trois siècles. Si aujourd'hui, les hommes ont repris une part de pouvoir, il subsiste des reliques de ce temps de règne matriarcal : les costumes traditionnels, bardés d'or et d'argent, précieusement conservés et rarement dévoilés pour l'apparat, ou encore le partage des tâches, dévoluent aux femmes, excluant les hommes de certains travaux et leur laissant les plus difficiles.

La société Tharu se compose de clans : Dangoura Tharu, Kathariya Tharu, Rana Tharu. Chacun possède sa propre langue, des habits traditionnels différents, et des croyances animiques distinctes. Ils vivent cependant ensemble, dans une entente paisible, se liant d'amitié-pour les plus jeunes générations du moins. Ces derniers rêvent de quitter les campagnes et de se rapprocher de la culture indienne.

Le projet
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carte

Pierre Benais découvre les Rana Tharu par le biais de photos et vidéos sur internet, et décide de partir à la recherche de cette ethnie. Son objectif est de rapporter une vision « intérieure » de la caste Rana, une vision opposée à celle, folklorique et peu réaliste, qu'offrent les médias ou les agences de voyage de cette peuplade lointaine, et qu'il est déterminé à combattre.
Muni d'un sac à dos contenant son matériel audio et vidéo, et d'une simple impression en noir et blanc des Rana Tharu, il parcourt le Népal d'est en ouest, en bus, à pied, en moto ou en vélo, jusqu'à leur rencontre.
Durant deux mois, il partage leur quotidien, mettant son corps à rude épreuve, essuyant les maladies, la peur de la malaria et l'ennui des fortes chaleurs, et participe aux activités du village tout en documentant leur histoire.
Il découvre un peuple où les valeurs de partage, d'hospitalité et de fraternité sont demeurées intactes, un peuple de paysannes couvertes de métaux précieux, vivant dans des maisons assaillies par les mouches le jour et les moustiques la nuit.

Photos
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Partage et échange
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Parti plusieurs fois en Afrique pour la réalisation de projets antérieurs, Pierre se souvient :
« Lors de mes premiers voyages au Maroc, je mesure l'importance de partager mes images avec ceux que je documente. Les communautés qui m'accueillaient n'ayant ni boîte aux lettres, ni accès à Internet, je retournais les voir une fois les photographies imprimées pour les leur offrir.
Lors d'un projet au Sénégal, je me suis senti extrêmement embarrassé de ne pouvoir revenir sur place pour faire de même, contraint par la distance. »
Refusant de reproduire la même erreur avec les Rana Tharu, il emporte avec lui un Polaroid ainsi qu'un vidéoprojecteur, qui lui permettront de leur restituer régulièrement son travail tant qu'il sera parmi eux.

patchwork de polaroïd

Une photographie comme étalon du temps
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Aux dires des Rana Tharu eux-mêmes, il resterait dix ans avant que leur culture ne disparaisse.
Coïncidence fortuite, c'est aussi la durée de vie de l'image Polaroid. Pierre Benais a l'idée d'utiliser ce support comme empreinte du temps et mesure de leur extinction.
Ces photographies, dont certaines seront présentées lors de l'exposition, disparaîtront graduellement en même temps que leur sujet.

Projections
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Lors de son séjour Pierre organise chaque semaine, sur le mur de la maison qui l'accueille, la projection des images collectées.
Tout le village est présent pour l'occasion, et ces rencontres hebdomadaires prisées, en plus de donner lieu à des débats sur leur perception, amènent les Rana Tharu à se laisser filmer plus librement, naturellement. La dernière de ces projections en leur compagnie a été filmée, et sera elle aussi exposée.

photo portrait de Pierre Benais

Pierre Benais
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Diplômé des Beaux-Arts de Bordeaux avec une spécialisation Photo et Vidéo, Pierre Benais s’est donné pour mission de retranscrire des univers sociaux et culturels qui nous sont étrangers.
Afin de laisser leur place au hasard et à l’échange spontané, il a choisi dès 2009 de voyager en auto-stop, dérivant au gré des rencontres et sélectionant ses sujets au fur et à mesure, à l’opportunité d’une conversation ou d’un événement.
Sa route l’a principalement guidé en Afrique, mais en 2015 l’a entraîné jusqu’en Asie et plus particulièrement au Népal.
Cette façon d’aborder le voyage, ainsi que le lien qu’elle tisse entre lui et ceux qu’il croise, ont influencé ses techniques de travail et lui ont permis de forger une manière intimiste de filmer l’autre.
Aujourd’hui, loin de simplement porter son regard vers les populations qu’il documente, il vit parmi elles pour nous rapporter leur point de vue et leur culture, dénués de toute grille de lecture occidentale.

Contact
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Email
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Pierrebenais@hotmail.fr